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Prénom martine
Age 55
But du voyage Tourisme
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Nationalité France
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Localisation : Madagascar
Date du message : 11/11/2015
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 De Nosy Be à Diego Suarez (1ère partie)

Il est 5 heures Paris, pardon Nosy Be s’éveille. Il fait déjà jour, les femmes raniment le feu devant les cases. Les enfants sont éveillés également, avant de partir pour l’école il leur faudra certainement exécuter quelques travaux.

Les employés des hôtels, femmes de ménages, cuisinières vont prendre leur poste mais il leur faut parfois marcher longtemps.

Les hommes se rendent aux champs, pieds nus, les outils sur l’épaule. Les gardiens de zébus sortent les troupeaux.

Nous doublons des chars tirés par des zébus qui emmènent des carcasses de viande au marché d’Hell Ville. D’autres sont chargés de fruits.

Le port d’Hell Ville est déjà en pleine effervescence. A peine descendus de voiture, on se précipite vers nous. Un capitaine de bateau nous dit qu’il est le prochain à partir, ses hommes s’emparent de nos bagages, Philippe les suit pendant que je vais prendre les billets pour notre passage. Tout va très vite, j’ai les billets, nos bagages sont déjà chargés, nous prenons place dans le bateau. A côté de nous, un énorme ferry, beaucoup de passagers déjà installés observent le chargement, un défilé de voitures, motos, zébus et toutes sortes de marchandises. Je me demande comment on peut mettre autant de choses et je me félicite de ne pas avoir choisi ce moyen de transport.

Notre vedette prévue pour 12, embarque 15 passagers mais pas de soucis, chacun a son gilet de sauvetage même le capitaine et son second. Nous quittons le port et fonçons sur les eaux encore calmes. A mi-parcours, notre bateau doit porter secours à une autre embarcation en panne. Une cinquantaine de personnes à bord, si la chose tourne mal je ne vois pas vraiment ce que l’on pourra faire ! Après plusieurs tentatives un des moteurs redémarre doucement. Notre capitaine s’assure que son confrère peut continuer la traversée comme çà et remet les gaz. 

30 mn de traversée et nous accostons à Ankify. Chacun veut prendre nos bagages, taxi brousse, taxi. Nous indiquons fermement que nous avons un chauffeur qui nous attend, on nous laisse tranquilles. Nous essayons de repérer la Mazda sur le parking mais il n’est pas encore 7 heures donc nous attendons. Soulagement à 7 heures, nous voyons arriver la Mazda, ouf c’est un 4x4.

La première partie de notre périple s’est déroulée sans encombre.

Nous sommes maintenant véritablement à Madagascar, sur la « Grande Terre ». Immédiatement nous constatons la différence, la végétation n’est pas aussi verte et semble couverte d’une poussière rouge. Troupeau de zébus

Nous mesurons vite le décalage par rapport à Nosy Be. Les villages sont tout petits. Quelques cases en bois regroupées autour d’une esplanade de terre battue sans aucune végétation (sans doute pour éloigner les bestioles). Pas de pancarte Girama (l’équivalent d’EDF) donc pas d’électricité, pas de panneau Orange, donc pas de téléphone, pas de robinet ou de fontaine devant les cases, donc pas d’eau. L’eau est stockée dans des bidons jaunes remplis à la rivière par les femmes ou les enfants. Case traditionnelle

Nous voyons beaucoup d’enfants autour des cases, ils ne sont donc pas scolarisés. La pauvreté vous saute aux yeux. Nulle part, nous ne voyons de dépôts d’ordures, mais quand on a rien, on ne génère  pas de déchets, ici tout est recyclé, la peau des fruits nourrit les animaux, la cendre du feu fait office de savon pour les lessives. On est bien loin de notre société de consommation à outrance.

Malgré cela, les femmes sont toujours aussi dignes, le linge qui sèche d’un blanc éclatant, les couleurs vives. Certaines cases sont enjolivées d’un pourtour de fleurs en pots.

Tac tac tac, c’est le bruit des cailloux que cassent les femmes et les enfants devant les cases. C’est un bruit que l’on entend dans tous les villages. Je pense que je ne pourrai pas l’oublier. Cette activité représente un complément de revenus ou parfois même le seul de la famille. Tic tic tic, le bruit des cailloux

Village après village, la route s’étire. Sur les 100 premiers kilomètres, la route est en assez bon état. Nous arrivons même parfois à atteindre 90 km/h, un exploit. Il fait de plus en plus chaud, il y a bien longtemps que la clim de notre 4x4 ne fonctionne plus et nous roulons toutes vitres ouvertes avalant des tonnes de poussière.

Les villages se font de plus en plus rapprochés pour devenir de petits bourgs, nous retrouvons les pancartes Girama et Orange, nous arrivons sur Ambilobe. Nous sommes plongés en pleine cohue. Au marché, les étals sont à même le sol, on y vend de tout : fruits, légumes, ustensiles de cuisine, vêtements européens recyclés, pièces détachées de moto, de voitures… Quelle agitation !

La ville est coupée en deux par une rivière très large qu’enjambe un pont d’environ 200 mètres. Celui-ci n’a qu’une seule voie et on y circule en alternance. Au-dessus de la rivière

Mais aujourd’hui le pont est en travaux. Nous stoppons derrière une file de véhicules en tout genre et attendons que le passage se libère. L’attente risque d’être longue. Nous descendons de voiture. On nous regarde avec curiosité mais sans agressivité, nous sommes les seuls « vazahas » (blancs). Nous trouvons un coin à l’ombre et attendons, nous en profitons pour faire quelques photos, la rivière est large mais bien peu active. L’attente se prolonge. En Afrique, il faut être patient. Puis brusquement tout s’affole, le passage est libre, on remonte en voiture, la file s’ébranle nous avançons. Encore quelques mètres et nous sommes sur le pont. Arrivés à la moitié du pont, un officiel nous arrête. Un engin vient ravitailler le chantier en ciment. La benne est déchargée à la pelle. Moteur coupé, nous attendons mais cette fois-ci nous sommes au milieu du pont en plein soleil …

                                       Arrêtés au milieu du pont                                                       La file d'attente s'allonge

La benne est vide, nous allons pouvoir redémarrer mais c’est au tour de la file d’en face de passer. On nous fait donc reculer, c’est toute une file qui repart en marche arrière au milieu des vélos, des piétons, des mobylettes. Pas facile. Nous voici maintenant de retour à l’entrée du pont. Notre chauffeur manœuvre tant bien que mal pour se garer et libérer le passage à tous les tuck-tucks, voitures, chars qui arrivent d’en face. C’est un flot intarissable. Nouvelle attente.  Embouteillage à l'africaine

Coup de sifflet, le passage est libre, nous traversons enfin ce fameux pont ! Tout ceci aura duré plus d’une heure, mais pas une seule récrimination, pas d’impatience, les africains sont patients ou fatalistes …

Nous arrivons au parc d’Ankarana, l’état de la route se dégrade sérieusement. Il reste bien peu de revêtement, c’est surtout des ornières parfois très profondes, des pans entiers de route qui se sont affaissés. Nous sommes toujours sur la nationale RN6 (une des seules nationales de Mada) et alors que nous avons du mal à atteindre les 30 km/h, des panneaux routiers indiquent que la vitesse est limitée à 50. Les malgaches ne manquent pas d’humour …

Le paysage est de plus en plus désertique, tout est sec. Nous enjambons beaucoup de rivières mais pas même un filet d’eau. Par contre là où subsistent des sources la végétation est abondante et luxuriante, apportant une touche de couleur et de fraîcheur sur l’immensité désertique.

                                                                                       Oasis de verdure autour des points d'eau

La saison des pluies a du retard et l’on sent bien que tout est en attente des averses bienfaitrices. Des hectares entiers ont été brulés pour être replantés dès les premières pluies. Cela accentue encore cette impression de désolation.   Beaucoup de parcelles ont brulé

Sedjoavato, un petit bourg, nous nous arrêtons dans une gargote le temps d’une bière. Nous avons déjà plusieurs heures de route derrière nous et la pause est bienvenue. Une pause bien méritée

                                                                 Notre 4x4



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