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Prénom martine
Age 55
But du voyage Tourisme
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Nationalité France
Description
Note: 1,8/5 - 5 vote(s).



Localisation : Madagascar
Date du message : 05/12/2015
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 De Sainte Marie à Tamatave

A 5 heures, nous sommes à l’embarquement pour rejoindre Grande Terre.

Après 2 heures ½ de navigation, nous arrivons à Mahambo. Il n’y a pas de ponton pour accoster, nous enfilons donc les gilets de sauvetage et descendons dans une barque qui nous amène sur la plage. La manœuvre n’est pas très aisée car la mer est assez agitée, nous comprenons l’utilité des gilets de sauvetage !

Nous avons quitté Sainte Marie sous le soleil et arrivons à Mahambo sous une légère pluie. Sur la plage, des étals proposent poissons grillés, fruits et souvenirs.

La barque fait des allers retours pour décharger et recharger le bateau. Nos bagages arrivent avec les caisses de poissons !

Sur la plage, 3 motards attendent pour faire la traversée. Pas de soucis, les 3 motos sont chargées dans la barque puis hissées à bord du bateau. Tout se transporte avec les moyens disponibles …

Puis bagages et colis sont chargés sur le toit du taxi brousse qui doit nous emmener à Tamatave. Il nous faudra plus de 2 heures pour parcourir les 80 kilomètres. La région de Tamatave est réputée pluvieuse ce qui explique que la végétation soit aussi abondante et verte. Par contre le contraste est saisissant avec Sainte Marie. On retrouve la pauvreté que nous avions déjà vue lors de notre séjour sur la Grande Terre.

Le choc est encore plus grand lorsque nous pénétrons dans Tamatave. Quelle agitation, quel tintamarre ! A la gare routière, terminus du taxi brousse, les chauffeurs de pousse pousses, de tuk-tuks et de taxis se précipitent sur nous. Un tuk-tuk veut absolument nous emmener, heureusement il me dit que l’hôtel est en centre-ville, je décline sa proposition car je sais qu’il est en fait à 500 m de l’aéroport… Philippe négocie avec un chauffeur de taxi qui s’empare de nos bagages sans avoir vu le véhicule. Stupéfaction lorsque nous découvrons la Renault 19, une antiquité ou plutôt un vestige, une des roues est voilée, la carrosserie est constellée de trous et de rouille, aucune portière n’est de la même couleur … Nous nous demandons si la voiture est encore capable de rouler. Nous montons pourtant à bord.

Le taxi nous dépose devant le perron de l’hôtel derrière un convoi de voitures luxueuses. Nous apprendrons plus tard qu’il s’agit du ministre de l’intérieur en réunion à Tamatave avec les autorités de la ville. Nous faisons un peu miteux avec notre vieille guimbarde !

Nous n’aurons pas le temps de visiter Tamatave, nous reprenons l’avion demain matin de bonne heure pour la Réunion.

Nous quittons Madagascar avec beaucoup de regrets. C’est un pays tellement difficile mais tellement beau ! Nous avons eu un réel coup de cœur pour Mada et ses habitants. Mada c’est un peu d’Afrique, des paysages grandioses, des villes saturées de gens, d’odeurs, de bruits.  Madagascar c’est le pays des contrastes, une terre pleine de ressources mais le règne d’une grande pauvreté, c’est la violence des éléments avec ces villages si paisibles sous le soleil mais qui peuvent être entièrement rasés lors des cyclones, c’est ces femmes et ces hommes si pauvres mais si dignes qui se battent pour un avenir meilleur vous offrant un mot gentil, un sourire. C’est aussi ces rizières, ces champs cultivés, ces arbres fruitiers qui promettent l’abondance mais que les caprices de la météo ou une invasion d’insectes peut détruire en quelques heures. Madagascar c’est une lutte quotidienne pour accéder à l’éducation, à l’eau, à l’électricité. Madagascar personne ne peut y être indifférent.

Nous repartons des souvenirs plein la tête, enrichis d’expériences, d’émotions, de rencontres. Dans les moments difficiles nous reverrons ces femmes et de ces enfants qui cassent des pierres à longueur de journée sous un soleil brulant pour un salaire de misère. Lorsque nous nous impatienterons car internet ne va pas assez vite, nous nous souviendrons des longues coupures d’électricité.  Un petit bobo, et nous nous rappellerons ces enfants de l’orphelinat recousus sans anesthésiant mais qui ne versent pas une larme et ne laissent échapper aucune plainte. J’espère que nous garderons en tête tout cela et que cela nous permettra de relativiser beaucoup de choses et d’apprécier à sa juste valeur dans quel  « luxe » nous vivons !


Note: 5/5 - 2 vote(s).






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