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Prénom martine
Age 55
But du voyage Tourisme
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Nationalité France
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Note: 1,8/5 - 5 vote(s).



Localisation : Madagascar
Date du message : 31/10/2015
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 Halloween sous les tropiques

Il fait grand nuit. Seule la pleine lune nous envoie un peu de clarté entre deux nuages. Nous roulons sur une route totalement noire, ou plutôt sur une succession d’ornières reliées entre elles par un semblant d’asphalte, attentifs à ne pas heurter les meutes de chiens errants, à ne pas renverser un piéton ou un cycliste sorti de nulle part.

Des silhouettes fantomatiques, révélées par la lueur des phares, se font de plus en plus nombreuses aux abords des villages. Toutes convergent vers les rares points lumineux. C’est samedi et on se prépare à la fête. Ici c’est un karaoké qui commence, là un semblant de discothèque, mais on y aperçoit à peine une dizaine de personnes. Impression de désolation. Non, M. Aznavour, la misère n’est pas plus belle au soleil lorsque la nuit est tombée… Puis nous retombons dans le noir absolu.

Dar-es-Salam, les cases se serrent les unes contre les autres, toutes de guingois, quelques gargotes, 3 ou 4 tables, des étals où j’ai du mal à deviner ce qu’on y vend, et la foule plus dense qui remonte la rue. Une barrière interdit l’accès aux voitures. Nous nous garons. Attention à trouver un gardien pour surveiller le véhicule si on veut le retrouver en bon état pour repartir. Si par malheur ou malchance, un pneu venait à crever, les taxis sont là pour proposer leur service ….

Ambatoloaka, encore quelques mètres et nous sommes submergés par la foule, ici bat le cœur de Nosy Be.  Sur quelques centaines de mètres se concentrent restaurants, bars, discothèques ... Lieu magique, lieu maléfique…

On y trouve de tout. Des établissements qui se veulent luxueux côtoient de simples gargotes, un Casino en plein air … C’est une débauche de lumières, de décibels ….

Nous nous frayons difficilement un chemin pour entrer au Taxi Be, 50 m2 entourés de murs blancs recouverts d’un toit en chaume largement ouverts sur la route. Le Taxi Be

Tout d’abord le décor, où plutôt un inventaire à la Prévert, des tables et des tabourets hauts en bois,  un grand écran retransmet la finale de rugby, un autre diffuse des clips,  un 3ème un match de foot et le 4ème des spots publicitaires pour des organisations caritatives … Au fond la carrosserie d’une 4L grandeur nature, une minuscule scène. Deux énormes vitrines réfrigérées où s’entassent bières, cocas, rhum qui n’auront pas le temps de rafraîchir …  Un grand bar en bois derrière lequel s’alignent plusieurs étagères de bouteilles. La tête de Maure corse coincée entre le drapeau breton et une banderole du FC Nantais… Tout un bric à braque hétéroclite… Brocante malgache.

                                                   Nous sommes bien accompagnés

Le casting : Interlope, mélange improbable de Malgaches, de naufragés de la vie, de sexagénaires européens en quête d’un amour tarifé, jeunes éphèbes californiens ou australiens, vieux baroudeurs à qui on en compte pas échoués là on ne sait comment, touristes égarés, échappés de leurs hôtels aseptisés… De jeunes beautés se coulent, se glissent entre les hommes les frôlant de leurs seins juvéniles, moulées dans de microscopique robes, lianes ondulant au rythme de la musique, perchées sur leurs stilettos. Tout un camaïeu de bruns pour ces peaux lisses, café au lait à peine teinté, couleur châtaigne en automne, noir de jais. Des cascades de cheveux lissés caressent leurs reins, des entrelacs de tresses compliquées ramenés en chignon soulignent leur impérial port de tête.

                                                            Une partie de l'orchestre

La scène : fantastique. Une dizaine de musiciens, chanteurs et danseuses occupe la scène à tour de rôle. Au début, un simple fond sonore, puis cela s’accélère, tout va crescendo, de la variété on passe au rock, de Goldman à la musique africaine, Rolling Stones, Téléphone, Statu Quo... Le guitariste nous gratifie d’un solo à la Jimi Hendrix. Ce ne sont pas des artistes mais des génies, la musique est vraiment extra. C’est une déferlante de décibels, un tsunami qui vous submerge. Les danseuses ondulent, se contorsionnent sur scène. Leurs postérieurs s’agitent à un rythme effréné, la tension monte. Cascades de sueur sur peau de velours … Les chanteuses                                 Tous grimés

L’ambiance : torride. Aux odeurs de tabac, d’alcool, d’embruns, se mêlent celles des corps enfiévrés. Sensualité dégoulinante, corps félins et lascifs. La brise venue de la mer ne suffit pas à faire retomber la température. Ce soir, c’est Halloween, les visages sont grimés, des oripeaux lacérés, troués recouvrent les corps que l’on devine sublimes. Irréalité de la scène. Avec une espérance de vie de 46 à 48 ans, pas de temps à perdre, on se lâche, on savoure tous les instants de fête.  Les corps se déchaînent, l’alcool coule à flots. 

Toute la sauvagerie et la violence de l’Afrique s’expriment à travers ces danses et ces corps.

                         Une danse contre une Gold                                                            Les corps ondulent sur un rythme africain

Nous sommes fascinés par ce spectacle, envoûtés. Les heures filent, nous regagnons notre voiture laissant derrière nous lumières et décibels.

Puis nous nous enfonçons dans la nuit.


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Par Claire-Charly

le 01/11/2015 à 10:27:03

Eh oui, c\'est la mondialisation et Halloween n\'y échappe pas !

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